Parler à Recovery EinsteinVous n’êtes pas seul — jour et nuit
Alcoholics Anonymous · 4e édition

Les 12 Traditions,
ce qu’elles disent vraiment

Adoptées en 1950 pour une seule raison : empêcher que les AA soient accaparés. La plupart de ce qui circule en ligne, c’est la forme courte, amputée de ce qui compte le plus.

Forme courtep. 561-562
Forme longue — lisez celle-cip. 563-566
Les Douze Conceptsp. 574-575

On dit constamment trois choses des Douze Traditions, et les trois sont fausses.

Elles ne relèvent pas de la théologie. Les Traditions sont une affaire de gouvernance — des règles de structure sur la façon dont le Mouvement se gère pour durer assez longtemps afin d’aider les gens. Elles n’ont rien à voir avec Dieu ni avec une puissance supérieure. Quand la Tradition 2 parle d'« un Dieu d’amour tel qu’Il peut se manifester dans notre conscience de groupe », c’est la formulation des années 1940 pour une idée de structure : c’est le groupe qui décide, et personne n’est seul aux commandes.

Elles ne vous lient pas. Les Traditions gouvernent les groupes des AA et le Mouvement. Elles ne sont pas un règlement pour la vie privée d’un membre, et elles n’imposent aucune contrainte aux organismes qui ne sont pas des AA.

Et la clause qui compte le plus ne figure pas dans la version qu’on vous a montrée. La Tradition 3 dit que deux ou trois alcooliques peuvent se considérer comme un groupe des AA « pourvu qu’en tant que groupe, ils ne soient associés à aucun autre organisme » — et cette clause n’existe que dans la forme longue (p. 563-566). C’est la clause qui interdit à un centre de traitement de posséder un groupe des AA — et c’est précisément celle qui a disparu d’Internet.

D’où elles viennent, 1937–1950, avec dates et sources : Comment sont nées les Douze Traditions →

Les Douze Traditions — les deux formes, en entier

Forme courte et forme longue, mot pour mot, telles qu’elles figurent dans Alcoholics Anonymous, 4e édition. La plupart des sites ne publient que la forme courte. L’introduction des AA elle-même, à la page 561, dit que la forme longue « est plus explicite et peut avoir une valeur historique » — elle est donc imprimée ici aussi, comme le fait le livre.

Tradition 1

Forme courte · p. 562
Notre bien-être commun devrait venir en premier lieu ; le rétablissement personnel dépend de l’unité des AA.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Chaque membre des Alcooliques anonymes n’est qu’une infime partie d’un grand tout. Les AA doivent continuer d’exister sinon la plupart d’entre nous serons voués à une mort certaine. Notre bien-être commun doit donc venir en premier lieu mais notre bien-être personnel vient tout de suite après.

En clair Les AA ne survivent que s’ils restent unis. Voilà pourquoi l’unité passe en premier.

Tradition 2

Forme courte · p. 562
Dans la poursuite de notre objectif commun, il n’existe qu’une seule autorité ultime : un Dieu d’amour tel qu’Il peut se manifester dans notre conscience de groupe. Nos chefs ne sont que des serviteurs de confiance, ils ne gouvernent pas.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Dans la poursuite de notre objectif commun, il n’existe qu’une seule autorité ultime : un Dieu d’amour tel qu’Il peut se manifester dans notre conscience de groupe.

En clair Une affaire de structure, non de théologie : c’est le groupe qui décide, et personne n’est seul aux commandes.

Tradition 3

Forme courte · p. 562
Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour être membre des AA.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Nous devons admettre dans nos rangs tous ceux qui souffrent d’alcoolisme. Dès lors, nous ne pouvons exclure quiconque désirant se rétablir. De plus, l’adhésion aux AA n’est conditionnelle à aucune contribution monétaire ni à aucune conformité à quelque règle. Dès que deux ou trois alcooliques se rassemblent pour leur sobriété, ils peuvent se considérer comme un groupe des AA pourvu qu’en tant que groupe, ils ne soient associés à aucun autre organisme.

En clair C’est la forme longue qui compte ici — un groupe associé à un autre organisme n’est pas un groupe des AA.

Tradition 4

Forme courte · p. 562
Chaque groupe devrait être autonome, sauf sur les points qui touchent d’autres groupes ou l’ensemble du Mouvement.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
En ce qui concerne son propre fonctionnement, chaque groupe des AA ne devrait dépendre d’aucune autorité autre que sa propre conscience. Mais si ses projets affectent le bien-être d’autres groupes environnants, ces derniers devraient être consultés. De même, aucun groupe, comité régional ou membre ne devrait poser d’actes susceptibles d’affecter l’ensemble du Mouvement sans en avoir d’abord parlé aux administrateurs du Conseil des Services généraux. En pareil cas, le bien-être commun passe avant tout.

En clair Chaque groupe mène ses propres affaires, sauf quand cela toucherait d’autres groupes ou l’ensemble du Mouvement.

Tradition 5

Forme courte · p. 562
Chaque groupe n’a qu’un objectif primordial : transmettre son message à l’alcoolique qui souffre encore.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Chaque groupe des Alcooliques anonymes devrait constituer une entité spirituelle n’ayant qu’un objectif primordial : transmettre son message à l’alcoolique qui souffre encore.

En clair Un seul objectif. Pas plusieurs.

Tradition 6

Forme courte · p. 562
Un groupe ne devrait jamais endosser ou financer d’autres organismes, qu’ils soient apparentés ou étrangers aux AA, ni leur prêter le nom des Alcooliques anonymes, de peur que les soucis d’argent, de propriété ou de prestige ne nous distraient de notre objectif premier.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Les questions d’argent, de propriété et d’autorité peuvent facilement nous détourner de notre but spirituel premier. Nous croyons donc que toute propriété importante vraiment utile aux AA devrait être détenue et administrée séparément par une société dûment constituée, pour bien distinguer le matériel du spirituel. Un groupe des AA comme tel ne devrait jamais se lancer en affaires. Les organismes qui peuvent servir d’appoints aux AA comme les clubs, les hôpitaux, et qui nécessitent l’acquisition ou la gestion de propriété, devraient être constitués en société et demeurer indépendants des groupes pour que, si nécessaire, on puisse s’en détacher facilement. Ces organismes, par conséquent, ne devraient pas utiliser le nom des AA. Leur gestion devrait incomber exclusivement à leurs bailleurs de fonds. Il est cependant préférable que les clubs soient administrés par des membres des AA. Mais les hôpitaux et les autres centres de traitement devraient se situer en dehors du Mouvement et relever d’une autorité médicale. S’il est vrai qu’un groupe des AA peut collaborer avec tous, cette collaboration ne doit jamais prendre la forme d’une association ou d’une caution, réelle ou implicite. Un groupe des AA doit être libre de toute attache.

En clair La collaboration ne doit jamais devenir une affiliation. Un groupe des AA doit être libre de toute attache.

Tradition 7

Forme courte · p. 562
Tous les groupes devraient subvenir entièrement à leurs besoins et refuser les contributions de l’extérieur.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Les groupes des AA devraient s’autofinancer en totalité par les contributions volontaires de leurs membres. Nous croyons que chaque groupe devrait atteindre cet objectif le plus rapidement possible ; qu’il est très dangereux d’utiliser le nom des AA pour quelque sollicitation de fonds auprès du public, qu’elle soit faite par des groupes, des clubs, des hôpitaux ou des organismes extérieurs ; qu’il est imprudent d’accepter des dons considérables, qu’elle qu’en soit la source, ou des contributions comportant quelque obligation que ce soit. De même, nous trouvons très inquiétantes les trésoreries d’entités AA qui accumulent des fonds, au-delà d’une réserve prudente, sans les destiner à des fins AA. L’expérience nous a souvent démontré que rien n’est plus susceptible de détruire notre héritage spirituel que les disputes futiles sur des questions de propriété, d’argent ou d’autorité.

En clair Pas la pauvreté érigée en vertu — l’indépendance, acquise exprès. Un groupe qui ne doit rien à personne ne peut être manœuvré.

Tradition 8

Forme courte · p. 562
Le mouvement des Alcooliques anonymes devrait toujours demeurer non professionnel, mais nos centres de service peuvent engager des employés qualifiés.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Les Alcooliques anonymes devraient toujours demeurer une organisation non professionnelle. Par professionnalisme, on entend tout service rémunéré à titre de conseiller en alcoolisme. Nous pouvons cependant employer des alcooliques pour des tâches qui autrement nous demanderaient d’embaucher des non-alcooliques. Ces services particuliers peuvent mériter une juste rémunération. Notre travail habituel de Douzième Étape doit cependant toujours demeurer gratuit.

En clair Le travail de Douzième Étape n’est jamais payé. Les bureaux de service peuvent employer du personnel.

Tradition 9

Forme courte · p. 562
Comme Mouvement, les Alcooliques anonymes ne devraient jamais avoir de structure formelle, mais nous pouvons constituer des conseils ou des comités de service directement responsables envers ceux qu’ils servent.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Chaque groupe des AA n’a besoin que d’une structure minimale. La formule de la rotation à la direction est la meilleure. Un petit groupe peut élire son secrétaire, un groupe plus considérable désignera un comité rotatoire, et les groupes d’une vaste région métropolitaine formeront un comité central ou un intergroupe qui nécessitera souvent l’embauche d’un secrétaire à plein temps. Les administrateurs du Conseil des Services généraux constituent en fait notre Comité des Services généraux des AA. Ils sont les gardiens de nos Traditions et les dépositaires des contributions volontaires des membres, contributions qui servent au support financier du Bureau des Services généraux des AA, à New York. Les groupes leur confèrent l’autorité de s’occuper de l’ensemble de nos relations publiques et d’assurer l’intégrité de notre magazine principal, le AA Grapevine. Tous ces représentants doivent être animés d’un esprit de service parce que chez les AA, les vrais chefs ne sont que des serviteurs de confiance et d’expérience pour l’ensemble du Mouvement. Leur titre ne leur confère aucune autorité véritable ; ils ne gouvernent pas. Leur utilité dérive du respect universel qui leur est accordé.

En clair Le moins d’organisation possible. Les titres ne confèrent aucune autorité aux dirigeants.

Tradition 10

Forme courte · p. 562
Le mouvement des Alcooliques anonymes n’exprime aucune opinion sur des sujets étrangers ; le nom des AA ne devrait donc jamais être mêlé à des controverses publiques.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Aucun groupe ou membre des AA ne devrait, sous aucun prétexte, exprimer une opinion qui engagerait le Mouvement sur tout sujet extérieur qui prête à controverse, tout particulièrement en matière de politique, de lutte contre l’alcoolisme ou de différence religieuse. Les groupes des Alcooliques ne s’opposent à personne. Sur de tels sujets, ils ne peuvent exprimer quelque opinion que ce soit.

En clair Les AA ne prennent pas position dans les controverses extérieures, si bien que leur nom n’y est jamais entraîné.

Tradition 11

Forme courte · p. 562
La politique de nos relations publiques est basée sur l’attrait plutôt que sur la réclame ; nous devons toujours garder l’anonymat personnel dans la presse écrite et parlée, de même qu’au cinéma.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
Nos relations avec le grand public devraient se caractériser par l’anonymat personnel. Nous pensons que les AA devraient éviter la publicité à sensation. Notre nom et notre photo nous identifiant comme membres des AA ne devraient jamais être diffusés sur les ondes ou dans des films ou des écrits publics. Nos relations publiques devraient être guidées par l’attrait plutôt que par celui de la réclame. Il n’y a jamais lieu de se vanter. Nous croyons qu’il est beaucoup plus profitable de laisser ce soin à nos amis.

En clair Cela régit la façon dont les AA se présentent. Ce n’est pas une règle pour les organismes qui ne sont pas des AA.

Tradition 12

Forme courte · p. 562
L’anonymat est la base spirituelle de toutes nos traditions et nous rappelle sans cesse de placer les principes au-dessus des personnalités.
Forme longue · p. 563-566 — celle qu’Internet laisse tomber
En dernier lieu, nous, des Alcooliques anonymes, croyons que le principe de l’anonymat revêt une immense importance spirituelle. Il nous rappelle que nous devons placer les principes au-dessus des personnalités et pratiquer une humilité véritable. Ceci, pour que les grâces reçues ne nous gâtent jamais, et pour que nous puissions vivre pour toujours dans la plus profonde gratitude envers Celui qui est le maître de nos destinées.

En clair Les principes avant les personnalités — une discipline d’humilité, pas un bâillon.

Les questions que les gens posent vraiment

Où se trouvent les Douze Traditions dans le Gros Livre ?

La FORME COURTE des Douze Traditions se trouve aux pages 561-562 d’Alcoholics Anonymous, 4e édition. La FORME LONGUE — le texte original, plus complet — se trouve aux pages 563-566. Les Douze Concepts suivent aux pages 574-575. Presque toutes les versions qui circulent en ligne ne citent que la forme courte, ce qui explique que tant de choses qu’on raconte sur les Traditions soient incomplètes.

Les Douze Traditions parlent-elles de Dieu ou d’une puissance supérieure ?

Non. C’est le point des Traditions le plus déformé. Les Douze Traditions sont des principes de gouvernance, d’organisation et de structure — elles disent comment le Mouvement se gère pour durer assez longtemps afin d’aider les gens. Elles n’ont rien à voir avec Dieu ni avec une puissance supérieure. Le Gros Livre traite du rétablissement personnel ; les Traditions traitent de la façon dont les AA se gouvernent. La formulation des années 1930-1940 dans la Tradition 2 — « un Dieu d’amour tel qu’Il peut se manifester dans notre conscience de groupe » — est un langage d’époque choisi pour rendre un principe de structure acceptable, non une affirmation théologique. La « conscience de groupe » désigne la décision collective du groupe, non une direction divine. Le « Dieu d’amour » de cette phrase signifie que nul être humain n’est seul aux commandes.

Les Douze Traditions s’appliquent-elles aux membres pris individuellement ?

Non. Les Traditions lient les GROUPES des AA et le Mouvement dans son ensemble — leur vie interne et la façon dont les AA se rapportent au monde. Elles ne gouvernent pas la vie privée ou extérieure d’un membre, et elles ne lient pas les organismes indépendants qui ne sont pas des AA. Elles ont été adoptées en 1950 pour empêcher que les AA soient accaparés, récupérés ou déchirés par des disputes d’argent, de propriété et d’autorité. Elles ne sont pas un règlement pour la vie personnelle d’un membre.

Un centre de traitement ou de réadaptation peut-il diriger un groupe des AA ?

Pas s’il veut que ce soit encore un groupe des AA. La FORME LONGUE de la Tradition 3 (page 563 de la 4e édition, en anglais) dit que deux ou trois alcooliques qui se rassemblent pour leur sobriété peuvent se considérer comme un groupe des AA « pourvu qu’en tant que groupe, ils ne soient associés à aucun autre organisme ». Cette clause est décisive — et elle n’existe QUE dans la forme longue, ce qui explique qu’elle manque dans la plupart de ce qui circule en ligne. Dès qu’un groupe porte l’affiliation d’un établissement, c’est le programme de cet établissement qui porte le nom des AA, et non un groupe des AA. La Tradition 6 le renforce : un groupe des AA doit être libre de toute attache, et la collaboration ne doit jamais prendre la forme d’une association ou d’une caution, réelle ou implicite.

Faut-il la permission de quelqu’un pour fonder une réunion des AA ?

Non. Selon la forme longue de la Tradition 3, deux ou trois alcooliques qui se rassemblent pour leur sobriété peuvent se considérer comme un groupe des AA, pourvu qu’en tant que groupe, ils ne soient associés à aucun autre organisme. Aucune autorisation d’un centre de traitement n’est requise. Aucun établissement, aucun organisme, aucune institution ne peut posséder un groupe des AA ni l’autoriser. Tout alcoolique peut fonder une réunion n’importe où avec deux ou trois personnes, et c’est un groupe des AA légitime.

« L’attrait plutôt que la réclame » signifie-t-il qu’une entreprise de rétablissement ne peut pas faire de publicité ?

Non — et c’est une erreur de lecture courante, aux lourdes conséquences. « L’attrait plutôt que la réclame » est la Tradition 11, et la Tradition 11 est un principe de RELATIONS PUBLIQUES pour le Mouvement des AA et pour ses membres lorsqu’ils agissent comme membres des AA. Elle régit la façon dont les AA se présentent. Elle ne lie pas les organismes indépendants qui ne sont pas des AA, et elle n’interdit pas le marketing en général. Étendre les Traditions pour lier des individus dans leur vie extérieure, ou des entreprises extérieures, est l’une des déformations les plus répandues sur Internet. Les Traditions gouvernent les AA ; elles ne gouvernent pas tous ceux qui, à un moment ou à un autre, parlent de rétablissement.

Quelle est la différence entre la forme courte et la forme longue des Traditions ?

La forme courte (pages 561-562) est la version condensée qu’on lit à voix haute en réunion. La forme longue (pages 563-566) est l’énoncé original plus complet, et elle en dit beaucoup plus. L’exemple le plus clair : la condition de la Tradition 3 selon laquelle un groupe des AA ne doit être associé à aucun autre organisme n’apparaît que dans la forme longue. Cette seule clause empêche un centre de traitement ou tout autre organisme extérieur de posséder un groupe des AA — et comme presque tous les résumés en ligne ne reproduisent que la forme courte, cette clause a discrètement disparu de la perception qu’a le public des AA. Si vous ne devez lire qu’une seule version, lisez la forme longue.

Pourquoi les Douze Traditions ont-elles été écrites ?

Elles ont été adoptées en 1950, à la suite d’expériences difficiles, pour empêcher que les AA soient accaparés, récupérés ou détruits de l’intérieur. Les premiers AA ont frôlé le risque d’être financés par un mécène, érigés en marque, professionnalisés et déchirés par des querelles. Les Traditions sont le tissu cicatriciel de ces quasi-échecs — une constitution rédigée pour qu’aucun bienfaiteur, aucune institution, aucune faction ne puisse jamais s’emparer du Mouvement. La forme longue de la Tradition 7 énonce le danger clairement : rien n’est plus susceptible de détruire l’héritage spirituel des AA que les disputes futiles sur des questions de propriété, d’argent ou d’autorité.

Un groupe des AA peut-il accepter des contributions ou des dons de l’extérieur ?

Non. La Tradition 7 dit que tous les groupes devraient subvenir entièrement à leurs besoins et refuser les contributions de l’extérieur. La forme longue (pages 563-566) va plus loin : les groupes devraient s’autofinancer par les contributions volontaires de leurs propres membres ; toute sollicitation de fonds auprès du public utilisant le nom des AA est très dangereuse ; et il est imprudent d’accepter des dons considérables, de quelque source que ce soit, ou des contributions comportant quelque obligation que ce soit. Elle met aussi en garde contre les trésoreries qui accumulent des fonds au-delà d’une réserve prudente sans les destiner à des fins AA. Il ne s’agit pas de pauvreté, mais d’indépendance. Un groupe qui ne doit rien à personne ne peut être manœuvré par personne.

Les Douze Traditions sont-elles des règles ?

Pas au sens de commandements dictés par une autorité — les AA n’ont pas de telle autorité, et la Tradition 9 dit que les AA ne devraient jamais avoir de structure formelle. Les Traditions sont l’expérience accumulée du Mouvement sur ce qui le garde en vie, écrite dans la langue du « nous avons constaté » plutôt que du « vous devez ». Mais ce ne sont pas non plus de simples suggestions : ce sont les conditions de structure dans lesquelles les AA restent les AA. Un groupe qui les ignore n’est pas puni. Il cesse simplement d’être un groupe des AA.

Que sont les Douze Concepts, et où les trouve-t-on ?

Les Douze Concepts des services mondiaux se trouvent aux pages 574-575 d’Alcoholics Anonymous, 4e édition, juste après les Traditions. Là où les Traditions gouvernent la vie des groupes et du Mouvement, les Concepts gouvernent la structure de service des AA — la façon dont les administrateurs, la Conférence des Services généraux et les conseils de service se rapportent les uns aux autres et aux groupes.

Recovery Starts est-il un groupe des AA, et les Traditions le lient-elles ?

Non, et non. Recovery Starts est un projet indépendant de sensibilisation au rétablissement. Ce n’est pas un groupe des AA, il n’est pas affilié à Alcoholics Anonymous World Services et il ne parle pas au nom des AA. Les Douze Traditions lient les groupes des AA et le Mouvement — elles n’imposent aucune contrainte au fonctionnement d’un projet extérieur. Nous publions les Traditions en entier, sans modification et avec mention de la source, parce que la version exacte mérite d’être protégée et que presque personne d’autre n’imprime la forme longue. C’est toute la raison d’être de cette page.

Les Douze Traditions sont la propriété d’Alcoholics Anonymous World Services, Inc., et sont reproduites ici intégralement — les deux formes, mot pour mot — dans la traduction française des AA (<i>Les Alcooliques anonymes</i>, Appendice I) ; dans Alcoholics Anonymous, 4e édition (en anglais) : forme courte p. 561-562, forme longue p. 563-566. Elles sont publiées sans modification et avec mention de la source, parce qu’une Tradition exacte vaut mieux qu’une Tradition commode. Tout ce qui se trouve hors des blocs cités — les notes en langage clair, les questions et réponses — est le commentaire propre de Recovery Starts et est clairement indiqué comme tel. Recovery Starts est un projet indépendant de sensibilisation au rétablissement : il ne s’agit ni de documentation officielle des AA, ni d’un groupe des AA, ni d’un organisme affilié à l’A.A.W.S., ni d’un avis médical. Les AA n’ont ni approuvé, ni endossé, ni examiné cette page. Procurez-vous le livre, ou lisez-le gratuitement sur aa.org. Si vous êtes en crise, au Canada, appelez ou textez le 988 (Ligne d’aide en cas de crise de suicide, en français) ; aux États-Unis, appelez le 988 et demandez un interprète ; en France, appelez le 3114.