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Tradition 4 · 6 avril

La lettre et l’esprit

Traditions du jour · 6 avril

La menace

La menace qui va dans le sens opposé du chaos, c’est le durcissement : un groupe, ou tout un Mouvement, qui décide qu’il n’y a qu’une seule bonne façon de diriger une réunion et en fait une loi. Bill W. le voyait venir (brochure P-17 des AA, p. 5) : « Si jamais nous nous durcissons trop, la lettre pourrait écraser l’esprit. Nous pourrions nous rendre victimes de règles et d’interdits mesquins ; nous pourrions nous imaginer avoir dit le dernier mot. » La lettre, c’est la règle écrite ; l’esprit, c’est ce pour quoi la règle a été faite. La Quatrième Tradition est la protection contre cela. Parce que la forme longue fait répondre chaque groupe à sa propre conscience pour ses propres affaires, aucun groupe ne peut être contraint d’adopter le format d’un autre, et aucun organisme extérieur ne peut imposer le format approuvé. Les AA restent vivants parce que chaque groupe peut essayer quelque chose, garder ce qui fonctionne et abandonner ce qui ne fonctionne pas. Figez tous les groupes dans un seul scénario et plus personne ne pourra jamais trouver mieux. Aujourd’hui, le durcissement vient généralement de l’extérieur, sous la forme d’un format standard qu’un programme utilise dans toutes ses réunions, lu mot à mot partout, avec l’avertissement de ne pas le modifier. À l’intérieur, il peut ressembler à de la loyauté : la façon dont on l’a toujours fait. Mettez-le à l’épreuve ce soir : demandez si votre groupe pourrait changer une chose dans sa réunion la semaine prochaine, et qui devrait être d’accord.

À méditer

Bill nous a prévenus que la lettre d’une règle pouvait écraser l’esprit dans lequel elle avait été écrite. Mon groupe pourrait-il changer son propre format s’il le voulait ?

Fondé sur : forme longue, Tradition 4 (Gros Livre, p. 563) ; P-17, p. 5 (avant-propos de Bill W., 1955).

Tradition 4

Chaque groupe devrait être autonome, sauf sur les points qui touchent d’autres groupes ou l’ensemble du Mouvement.
Lisez la forme longue (p. 563–566). La forme courte, aux p. 561–562, est celle que tout le monde cite — mais c’est dans la forme longue que les Traditions disent vraiment ce qu’elles veulent dire. La clause de la Tradition 3 sur l’absence de toute autre affiliation, par exemple, n’existe que dans la forme longue. Cette seule clause explique pourquoi aucun centre de traitement ne peut posséder un groupe des AA. Presque tout ce qui circule en ligne l’omet.

Et une distinction qu’il vaut la peine de garder claire : les Traditions relèvent de la gouvernance, pas de la théologie. Elles lient les groupes des AA et le Mouvement — pas les individus, ni les entreprises extérieures. Elles ont été adoptées en 1950 pour empêcher que les AA soient accaparés ou récupérés. Elles ne sont pas un règlement pour votre vie personnelle.

Traditions du jour est une ressource éducative indépendante de Recovery Starts — qui n’est pas de la documentation officielle des AA, qui n’est pas affiliée aux Alcoholics Anonymous World Services et qui ne constitue pas un avis médical. Les Douze Traditions sont la propriété des AA. Les références de pages renvoient à Alcoholics Anonymous (le Gros Livre), 4e édition (en anglais) : forme courte p. 561–562, forme longue p. 563–566. Si vous êtes en crise, au Canada, appelez ou textez le 988 (Ligne d’aide en cas de crise de suicide, en français) ; aux États-Unis, appelez le 988 (Suicide & Crisis Lifeline) et demandez un interprète ; en France, appelez le 3114.