Comment le Gros Livre dit-il de réparer nos torts ?
En bref :
- Les Huitième et Neuvième Étapes sont expliquées au chapitre 6, « À l’œuvre ! », pages 76 à 83. La liste vient de l’inventaire de la Quatrième Étape ; ensuite « nous allons vers nos semblables et réparons les dommages causés dans le passé » (p. 76).
- Allez-y en personne quand c’est possible, parlez de vos propres torts et non des leurs, et ne discutez pas : « Nous sommes là pour balayer devant notre porte » (p. 77).
- Soyez prêt à en payer vous-même tout le prix, mais ne nuisez pas à d’autres pour apaiser votre conscience. Obtenez le consentement de toute personne que vos réparations concerneraient (p. 80).
- À la maison, dire qu’on est désolé ne suffit pas. Le livre demande un changement long et patient dans votre façon de vivre (p. 82-83).
Les Étapes
Huitième Étape : « Nous avons dressé une liste de toutes les personnes que nous avions lésées et nous avons consenti à réparer nos torts envers chacune d’elles. » Neuvième Étape : « Nous avons réparé nos torts directement envers ces personnes dans la mesure du possible, sauf lorsqu’en ce faisant, nous risquions de leur nuire ou de nuire à d’autres. » (p. 59)
D’où vient la liste
« Nous l’avons faite quand nous avons fait l’inventaire » (p. 76). La Quatrième Étape a déjà dressé la liste des personnes que nous avions blessées (p. 70). Il s’agit maintenant de « balayer les débris » laissés par une vie menée selon la volonté propre (p. 76). Si nous n’en avons pas la volonté, « nous la demandons jusqu’à ce qu’elle vienne » (p. 76). Le livre rappelle au lecteur l’accord conclu au départ : aller à tous les efforts pour vaincre l’alcool (p. 76).
Comment aborder les gens
- Commencez par la bonne volonté, non par la religion. Avec certaines personnes, nous « n’avons pas besoin, et ne devrions probablement pas » insister sur l’aspect spirituel lors de la première approche (p. 76). Annoncer que nous sommes « devenus religieux » à quelqu’un qui souffre encore de notre injustice, c’est « tendre le menton » (p. 77). Il sera plus impressionné par « un désir sincère de réparer le tort » (p. 77). Ce n’est pas une excuse pour éviter de parler de Dieu quand cela aiderait (p. 77).
- Le véritable but n’est pas seulement de mettre de l’ordre dans notre vie ; c’est de nous rendre aptes « à servir au maximum Dieu et ceux qui nous entourent » (p. 77).
- Allez aussi vers vos ennemis. C’est plus difficile que d’aller vers un ami, mais plus profitable (p. 77). Allez-y « dans un esprit d’aide et de pardon » (p. 77), reconnaissez la vieille animosité, exprimez vos regrets.
- Ne critiquez pas, ne discutez pas. « On ne discute pas de ses défauts. Nous nous en tenons aux nôtres. » (p. 78) La plupart du temps, tout se passe bien ; si quelqu’un nous met à la porte de son bureau, « nous avons fait notre démonstration, nous avons fait notre part » (p. 78).
L’argent dû
Ne fuyez pas vos créanciers. Dites-leur ce que vous essayez de faire, ne cachez pas la consommation, convenez du meilleur arrangement possible et faites-leur savoir que vous êtes désolé (p. 78). « Nous devons perdre notre peur des créanciers, aussi loin que nous ayons à aller » (p. 78), car la peur de les affronter peut mener à boire.
Quand les réparations peuvent coûter cher, à vous ou à d’autres
Le livre est direct : les réparations peuvent coûter cher. Devant une possible infraction criminelle ou une dette qui pouvait coûter un emploi, des membres ont demandé la force de faire ce qui est juste « quelles qu’en soient les conséquences personnelles » (p. 79) : « Nous pouvons perdre notre poste ou notre réputation, ou aller en prison, mais nous sommes prêts » (p. 79).
Mais d’autres personnes sont généralement en cause ; « nous ne devons donc pas être le martyr précipité et insensé » (p. 79) qui sacrifie les autres pour se sauver lui-même. Son exemple : un homme devait une pension alimentaire et risquait l’arrestation. Se présenter au tribunal aurait été héroïque, mais en prison, il n’aurait pu faire vivre ni l’une ni l’autre famille. Il a donc écrit à sa première femme, avoué ses torts, envoyé un peu d’argent et dit qu’il irait en prison si elle l’exigeait (p. 79). La règle que le livre en tire : « Avant de prendre une mesure draconienne qui pourrait en impliquer d’autres, nous obtenons leur consentement » (p. 80). Ensuite, si la mesure draconienne s’impose toujours, « nous ne devons pas reculer » (p. 80). Un autre membre, après avoir consulté sa femme et son associé, a rétabli la réputation d’un rival qu’il avait ruiné en se levant à l’église pour s’expliquer (p. 80).
Réparer à la maison
- L’infidélité. Si une épouse n’est pas au courant, faut-il le lui dire ? « Pas toujours, croyons-nous » (p. 81). Si elle sait de façon générale, admettez la faute, mais ne nommez pas l’autre personne : « nous n’avons pas le droit d’impliquer une autre personne » (p. 81). Les auteurs ajoutent qu’ils souhaitent « ne poser aucune règle d’aucune sorte » (p. 81) et que certains cas demandent plus de franchise ; chaque couple décide (p. 81-82).
- La sobriété ne suffit pas. Un homme qui dit que la sobriété est tout ce qu’il doit à sa famille ressemble au fermier qui sort de son abri anticyclone, voit sa maison dévastée et déclare que le vent est tombé (p. 82). « Marmonner d’un air repentant que nous sommes désolés ne suffira pas du tout » (p. 83). Asseyez-vous avec la famille, regardez le passé honnêtement et ne la critiquez pas (p. 83).
- Ne leur faites pas la morale. À moins qu’ils ne le souhaitent, n’imposez pas les principes spirituels à votre famille : « Notre comportement les convaincra plus que nos paroles » (p. 83).
Ce qui ne peut être entièrement réparé
« Il y a peut-être des torts que nous ne pourrons jamais entièrement réparer » (p. 83). Nous ne nous en inquiétons pas si nous pouvons dire honnêtement que nous les réparerions si nous le pouvions. Les personnes que l’on ne peut pas voir reçoivent « une lettre honnête » (p. 83). Certaines réparations peuvent avoir une bonne raison d’attendre, mais « nous ne tardons pas si nous pouvons l’éviter » (p. 83). Et la manière : sensée, pleine de tact, d’égards et d’humilité, « sans être servile ni rampante » (p. 83). « En tant que gens de Dieu, nous nous tenons debout ; nous ne rampons devant personne » (p. 83).
Les promesses qui suivent aux pages 83-84 sont liées à cette partie du travail : « Si nous sommes minutieux dans cette phase de notre développement » (p. 83). Voir Où sont « les Promesses », et que promettent-elles ?
Lisez-le vous-même
- Chapitre 6, « À l’œuvre ! » (p. 72-88), avec les réparations aux pages 76-83, gratuit auprès des AA : https://www.aa.org/sites/default/files/2021-11/en_bigbook_chapt6.pdf
- Chapitre 5, « Notre méthode », où les Étapes sont énumérées (p. 58-71) : https://www.aa.org/sites/default/files/2021-11/en_bigbook_chapt5.pdf
- Le livre complet, Alcoholics Anonymous, est en vente auprès des Services mondiaux des AA à https://onlineliterature.aa.org.
Sources
| Source | Pages | Première publication |
|---|---|---|
| Alcoholics Anonymous, chapitre 5, « Notre méthode » (Huitième et Neuvième Étapes ; l’inventaire) | 59, 70 | 1939 |
| Alcoholics Anonymous, chapitre 6, « À l’œuvre ! » | 76–84 | 1939 |
Les numéros de page sont ceux de la quatrième édition (2001), en anglais. La Préface dit que les chapitres du programme sont « restés en grande partie intacts » depuis 1939 (p. xi), mais nos sources ne contiennent aucune première édition permettant de comparer les numéros de page. Les citations sont de notre traduction.
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