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Qu’est-ce qu'« un mode de vie qui marche vraiment » ?

En bref :

  • L’expression se trouve à la page 28 du Gros Livre, vers la fin du chapitre 2, « Il y a une solution » : « Une vie nouvelle nous a été donnée ou, si vous préférez, “un mode de vie” qui marche vraiment. » (p. 28)
  • À cet endroit, c’est un autre nom pour la vie nouvelle que les auteurs disent avoir reçue. Elle vient dans la phrase qui suit immédiatement leur description de ce qu’ils ont trouvé comme « la main aimante et puissante de Dieu » (p. 28). Le livre propose l’expression avec « si vous préférez » et la met entre guillemets ; il ne dit pas pourquoi.
  • Le livre emploie l’expression deux fois de plus. Dans « L’histoire de Bill », juste après avoir dit que le travail avec un autre alcoolique a sauvé la situation quand rien d’autre n’y parvenait, Bill écrit : « C’est un mode de vie qui tient dans les moments difficiles. » (p. 15) Dans le chapitre sur les réparations, « Notre mode de vie n’est pas une rue à sens unique » (p. 81) : il vaut pour l’épouse autant que pour l’époux.
  • Le contexte confirme la lecture habituelle, toute une façon de vivre plutôt qu’une règle unique, et montre où le livre l’enracine : dans une expérience spirituelle, dans le travail avec d’autres alcooliques, et dans le foyer.

Le passage au chapitre 2

Les dernières pages du chapitre 2 (p. 25-29) mènent à l’expression : - « Il y a une solution. » (p. 25) Les auteurs n’aimaient pas l’examen de soi et l’aveu que cela exigeait, mais ils l’ont vu fonctionner chez d’autres, et ils ont pris « la simple trousse d’outils spirituels déposée à nos pieds » (p. 25). - Leur affirmation centrale : ils ont connu « des expériences spirituelles profondes et efficaces » (p. 25) qui ont changé toute leur attitude envers la vie, envers les autres et envers l’univers de Dieu. Pour un alcoolique aussi atteint qu’eux, « nous croyons qu’il n’y a pas de solution mitoyenne » (p. 25). - L’histoire d’un homme d’affaires américain qu’un célèbre psychiatre avait jugé sans espoir (p. 26-27). La seule exception que connaissait le médecin était l’alcoolique qui avait eu des « expériences spirituelles vitales » (p. 27) ; les convictions religieuses de l’homme, disait le médecin, n’en étaient pas (p. 27). - « Voilà le terrible dilemme dans lequel notre ami se trouvait » (p. 28) avant l’expérience qui l’a libéré. « À notre tour, nous avons cherché la même issue avec tout le désespoir d’hommes qui se noient. » (p. 28) Ce qui semblait un roseau fragile s’est révélé être la main de Dieu (p. 28). - Puis la phrase : une vie nouvelle, ou « un mode de vie », qui marche vraiment (p. 28).

Les paragraphes qui suivent immédiatement élargissent la porte. William James décrit bien des manières dont des hommes ont trouvé Dieu, et « Nous n’avons aucun désir de convaincre qui que ce soit qu’il n’y a qu’une seule façon d’acquérir la foi. » (p. 28) Le choix de la communauté religieuse à laquelle un membre se joint, s’il y en a une, est « une affaire entièrement personnelle » (p. 28). Le chapitre énumère ensuite ce que le livre apportera : une explication de l’alcoolisme, un chapitre pour l’agnostique, des « directives claires » sur la manière dont ils se sont rétablis, et les histoires personnelles (p. 28-29).

Remarquez le verbe. La phrase dit que la vie nouvelle, ou le mode de vie, « nous a été donnée » (p. 28). Dans ce premier emploi, la phrase présente le mode de vie comme quelque chose de reçu, non comme quelque chose que les auteurs ont conçu.

Les deux autres endroits

Page 15, « L’histoire de Bill ». Pendant sa première année et demie d’abstinence, Bill a trouvé peu de travail, n’allait pas bien et était tourmenté par des vagues d’apitoiement sur lui-même et de ressentiment (p. 15). Ce qui l’a sauvé : « quand toutes les autres mesures échouaient, le travail avec un autre alcoolique sauvait la situation » (p. 15). Aller à son ancien hôpital et parler avec un homme là-bas l’a remonté. « C’est un mode de vie qui tient dans les moments difficiles. » (p. 15)

Page 81, « À l’œuvre ! ». La section sur les réparations aborde l’infidélité au foyer. Après des conseils sur ce qu’il faut dire à une épouse, le livre dit : « Notre mode de vie n’est pas une rue à sens unique. Il vaut autant pour l’épouse que pour l’époux. » (p. 81)

Le contexte change-t-il la lecture ?

Il le confirme. « Mode de vie » désigne bien toute une façon de vivre dans le Gros Livre. Ce que le contexte ajoute, c’est un détail que l’expression perd quand elle voyage seule : la première fois que le livre l’emploie, elle vient comme un autre nom pour une vie nouvelle donnée par une expérience spirituelle, avec « si vous préférez » laissé ouvert aux lecteurs qui préféreraient le dire ainsi ; Bill l’emploie juste après avoir décrit comment le travail avec d’autres alcooliques l’a tenu debout ; et le chapitre 6 l’emploie à propos du foyer.

Lisez-le vous-même

Sources

Source Pages Première publication
Alcoholics Anonymous, chapitre 2, « Il y a une solution » 25–29 1939
Alcoholics Anonymous (en anglais), chapitre 1, « L’histoire de Bill » 15 1939
Alcoholics Anonymous, chapitre 6, « À l’œuvre ! » 81 1939

Les numéros de page sont ceux de la quatrième édition (2001), en anglais. La Préface dit que les chapitres du programme sont « restés en grande partie intacts » depuis 1939 (p. xi). Les citations sont de notre traduction.

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